Électricité au Tchad: délestages sans fin, le pays reste dans le noir

La dissolution de l’ancienne Société Nationale d’Électricité (SNE), remplacée par une nouvelle entité, avait fait naître un immense espoir. Celui d’un service modernisé, fiable, capable de répondre aux besoins croissants des populations. Quelques mois plus tard, le constat est sans appel : l’espoir s’est dissipé, laissant place à une profonde désillusion.
Dans les provinces, le noir s’installe parfois pendant des semaines entières. Dans la capitale, N’Djamena, la situation n’est guère plus reluisante. Le courant y est devenu un privilège intermittent, distribué au gré de délestages par quartiers. Chaque foyer attend son tour, dans une patience mêlée d’exaspération.

Dans l’obscurité étouffante, un cri résonne parfois dans les ruelles : « Oyez courage ! ». Une annonce presque solennelle du retour de l’électricité… mais pour combien de temps ? Car souvent, la tension est si faible que les ampoules vacillent à peine. Les appareils électroménagers restent inutilisables. On se résigne à survivre avec le strict minimum. À défaut de cheval, on avance avec l’âne.

Pendant ce temps, les annonces officielles se succèdent. Chaque année, de grandes cérémonies marquent la pose de premières pierres de projets énergétiques, notamment solaires. Etena, Farcha… autant de sites devenus symboles d’attentes inachevées. Le béton des lancements reste visible, mais les infrastructures, elles, se font toujours attendre.

À ces retards chroniques s’ajoute un mal profond : l’incivisme. La société en charge de l’électricité peine à recouvrer ses recettes. Une partie des usagers ne paie pas ses factures. Plus préoccupant encore, certaines institutions publiques, pourtant parmi les plus grandes consommatrices, ne s’acquittent pas non plus de leurs obligations. Un cercle vicieux qui fragilise davantage un système déjà à bout de souffle.
Face à cette crise persistante, une piste s’impose : repenser le modèle énergétique.

L’État pourrait encourager l’autonomie des ménages en subventionnant des équipements solaires — panneaux, batteries, kits domestiques. Une solution pragmatique qui permettrait de soulager le réseau national tout en offrant aux citoyens une alternative durable.

Sous un soleil écrasant, ironie du sort, le pays continue de manquer d’électricité. Mais au-delà du paradoxe, c’est une urgence qui s’impose : transformer enfin les promesses en actions. Car pour des millions de citoyens, l’électricité n’est plus un luxe — c’est une nécessité vitale.

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